L’Union européenne autorise la culture de la
pomme de terre transgénique Amflora – SWISSAID est scandalisée
La
Commission de l’Union européenne a autorisé le 2 mars la culture de la pomme de
terre transgénique Amflora, mise au point par le géant de la chimie allemande
BASF, qui fabrique, entre autres, des semences. Cette pomme de terre doit avant
tout servir à approvisionner l’industrie du papier en amidon, ou encore à être
utilisée pour l’alimentation animale. Pour SWISSAID, cette décision est
scandaleuse, incompréhensible et terriblement décevante.
Cela fait
en effet 13 ans que l’autorisation de cette pomme de terre transgénique est
combattue. Celle-ci contient en effet un gène résistant aux antibiotiques dont
les effets sur la santé des humains et des animaux demeurent largement
inconnus. Une stricte séparation de la pomme de terre Amflora des autres
variétés de pommes de terre destinées à la consommation est pratiquement
impossible. L’expérience montre que les variétés transgéniques de riz et de
graines de lin par exemple se sont répandues dans la chaîne alimentaire. BASF
envisage de produire cette variété transgénique de pomme de terre sur des
centaines d’hectares en Allemagne, en Suède et en Tchéquie.
L’Union européenne et
son commissaire à la santé John Dalli veulent faire de cette autorisation un
symbole du potentiel de modernisation de l’Europe. Aux yeux de SWISSAID en
revanche, c’est du contraire qu’il s’agit. La technologie génétique, et tout
particulièrement l’introduction d’un gène résistant aux antibiotiques n’est en
aucune manière une technologie porteuse pour le futur de l’agriculture. Le
rapport sur l’agriculture mondiale publié l’année dernière, fruit du travail de centaines de spécialistes,
montre au contraire que seule une agriculture paysanne, respectueuse de
l’environnement, peu gourmande en ressources et en énergie, peut permettre de
sortir des crises à répétition liées à la faim, à l’environnement, au
changement climatique. Les pommes de terre sont un aliment central dans
l’alimentation mondiale, en Europe comme dans les pays du Sud. Que ce tubercule
génétiquement modifié soit désormais autorisé à être cultivé représente, pour
SWISSAID, une évolution très dangereuse.