L’initiative parlementaire exige un moratoire de cinq ans sur les importations en Suisse d’agrocarburant ou des matières premières nécessaires à leur fabrication. Les carburants fabriqués avec du biogaz, des huiles usagées ou des déchets de l’industrie agroalimentaire, de l’agriculture et de la foresterie ne tombent pas sous le coup de ce moratoire.
Mettre un terme à l’engouement et au boom de la production d’agrocarburant est une préoccupation au niveau international. Plusieurs rapports émanant de l’OCDE, de l’ONU ou encore de la Banque mondiale soulignent l’importance de freiner la culture de plantes destinées à la production d’agrocarburants afin de ne pas aggraver encore la faim dans le monde.
L’initiative parlementaire de Rudolf Rechsteiner est une contribution de la Suisse à cette cause d’intérêt mondial. Il est temps de trouver de nouvelles perspectives en ce qui concerne l’énergie afin d’éviter que les conséquences écologiques et sociales, notamment dans les pays du Sud, ne soient irréversibles. « En termes d’énergie et d’impact sur le climat, les agrocarburants sont une absurdité » explique le président de SWISSAID Rudolf Rechtsteiner. « La production d’agrocarburant à partir de plantes n’est pas une démarche plus écologique que le recours à des carburants fossiles. Soutenir ces cultures par des subventions et une exonération de la taxe sur les hydrocarbures nous conduit à une impasse. ».
De plus, le problème principal demeure : la production d’agrocarburant entre en concurrence directe avec la culture de denrées alimentaires, en accaparant eau potable et terres cultivables. Lorsque des plantes destinées à produire du carburant sont cultivées sur des terres où des denrées alimentaires devraient l’être, le prix de ces dernières devient exorbitant. Et ce sont les plus démunis qui en font les frais, puisqu’ils n’ont plus accès à de la nourriture à un prix accessible.




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